Site de l'association Bordeaux Métropole des Quartiers 2020 et de Vincent Feltesse

Ford, 10 ans après, une nouvelle mobilisation indispensable.

Ford, 10 ans après, une nouvelle mobilisation indispensable.

Les rues de Bordeaux ont été de nouveau envahies hier par quelques centaines de salariés – cadres compris – de Ford.Les élus locaux et nationaux se mobilisent et il est probable que ce sujet sera largement évoqué lors du conseil de métropole de vendredi prochain.

Le risque de fermeture de ce site emblématique est de nouveau bel et bien là.

Il y a presque 10 ans, nous avions connu cette même alerte, dans un contexte tout aussi délicat.

Et l’impossible s’est réalisé. Ford est resté, a réinvesti. Même si toutes les promesses n’ont pas été respectées.

Il est intéressant de revenir sur cet épisode, et surtout les leçons qui peuvent en être tirées pour un nouveau combat indispensable.

* Du côté de l’attitude de Ford.

4 traits marquants :

– Une aptitude à nier le problème dans un premier temps et à avoir des bonnes paroles. Je me souviens encore de cette visite un peu surréaliste que nous avions faite avec Alain Rousset à l’été 2006 au siège de Ford Europe. De magnifiques powerpoint nous avaient été présentés et des perspectives glorieuses évoquées. Les mois qui ont suivi ont montré qu’il n’en était rien.

– Une vraie sensibilité à l’image de marque et aux opération de communication coup de poing. C’est ainsi que plusieurs fois le salon de l’automobile a été envahi. Avec un réel impact. La méthode peut être contestable, mais elle a eu son effet.

– Une reconnaissance de l’excellence du travail fait sur le site de Blanquefort. C’était un des arguments principaux mis en avant par les salariés et les élus locaux. Là aussi avec un certain impact.

– Enfin, une capacité à bouger les lignes une fois la décision prise.
Après avoir nié le problème, Ford a trouvé dans un premier temps un repreneur. Lorsqu’il s’est avéré que ce repreneur ne tenait pas la route, Ford a repris le site de Blanquefort et produit de nouveaux modèles.

Du moins pendant quelques années. Et de manière insuffisante. Et sans investissement structurant. Mais le site a survécu.

* Du côté des salariés, des élus et des autres acteurs.

– Tout d’abord s’appuyer sur les salariés et les syndicats qui ont une très bonne connaissance du site, des enjeux, des points faibles et des points forts.

– Avoir une connaissance parfaite du dossier. Plusieurs élus – dont moi – étaient devenus des spécialistes des boîtes de vitesse. Nous aurions presque pu faire une reconversion comme ingénieur. Cela prête à sourire, mais ce fut un facteur non négligeable.

– Avoir un front uni de tous les acteurs politiques. Ce fut le cas. Du conseil municipal de Blanquefort, des maires des communes du département qui plusieurs fois ont montré leur solidarité, des parlementaires, des présidents du département et de la Région et bien sûr du maire de Bordeaux qui a mobilisé avec efficacité le Gouvernement de François Fillon, à l’époque.

– Parvenir à avoir le bon interlocuteur chez Ford. Ce n’est pas évident et les comités de pilotage sans les bons interlocuteurs ont été légion.

Il y aurait plein d’autres choses à dire. Mais ce sont mes quelques conseils d’anciens combattants. Mes responsabilités sont désormais autres.

Je ne sais pas si je serai dans les jours qui viennent dans les rues, à fréquenter les piquets de grève, y compris la nuit, mais en tout cas je serai là.

http://www.sudouest.fr/…/blanquefort-33-journee-usine-morte…

Vincent Feltesse

VINCENT FELTESSE

Conseiller Municipal d’opposition, Conseiller Métropolitain à Bordeaux Métropole, Élu au Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine

Diplômé d’HEC et titulaire d’un DEA d’Histoire, ce père de 3 enfants, marié, est d’abord journaliste avant d’intégrer l’IEP Bordeaux en tant qu’enseignant. Il débute la politique en 1994 au sein du Cabinet de Philippe Madrelle sur les affaires sociales, puis il est en 1998 le directeur de cabinet d'Alain Rousset. Il poursuit ensuite en tant que Premier maire de gauche de Blanquefort de 2001 à 2012, directeur de la campagne numérique du candidat François Hollande en 2012, député de la 2ème circonscription de la Gironde de 2012 à 2014, et surtout président de LA CUB de 2007 à 2014. Vincent devient après cela Conseiller du Président de la République François Hollande, en charge des relations avec les élus, des études d’opinion et des argumentaires politiques. Il est actuellement Conseiller à la Cour des Comptes, en complément de ses différents mandats locaux.

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C’EST QUOI BMQ 2020 ?

L'association réunit des habitants de Bordeaux Métropole qui œuvrent à créer une dynamique locale, collective et partagée, autour des notions de progrès social, environnemental & économique en vue des Municipales de 2020 ... et bien au-delà.

LE TWEET DE VINCENT

RT @LasserreBenoit: Je présume que certains grands esprits vont tancer les jeunes qui manifestent pour #Amazonie et leur demander de plutôt…

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